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Webhelp: du business made in France

L’exception française

Il y a-t-il un business made in France ? Derrière cette boutade se cache une interrogation très sérieuse sur l’avenir économique de l’Hexagone. L’exception française, si fortement revendiquée en matière culturelle comme en matière économique (nous sommes le pays des 35 heures et de la retraite par répartition, ne l’oublions pas !) ne met-elle pas en péril le développement économique et financier de la France ?

De prime abord, nous serions tenté de répondre par l’affirmative. L’incroyable lourdeur de l’administration et de la fiscalité qui pèse tant sur les ménages que les entreprises, qu’elles soient petites ou grandes, semble en effet condamner d’avance toute velléité de réussite entrepreneuriale. Dans le cadre étroitement réglementé de l’hexagone, la réussite économique paraît plus probable en traversant la manche ou l’océan Atlantique. Voilà qui explique le départ à l’étranger de tant de jeunes français fraîchement diplômés.

La réussite existe aussi en France

Et pourtant, contre toute attente, le business made in France existe. Ce qui signifie qu’il n’ait pas besoin de s’exiler dans la Silicon Valley pour réussir, ainsi que le démontre la réussite éclatante de quelques entrepreneurs français.

Derrière des noms anglais se cachent parfois des réussites 100% française. Fondé en l’an 2000 par deux français, Frédéric Jousset et Olivier Duha, Webhelp est devenu en peu de temps un poids lourd parmi les centres d’appels européens. En dix ans, son chiffre d’affaire est passé de 28, 5 à 650 millions d’euros. De quoi faire rêver plus d’un entrepreneur.

Les secrets d’une réussite made in France

Les secrets de cette réussite ? Une politique fortement expansionniste et décentralisatrice: sur les 27 000 personnes employées par l’entreprise, seulement un neuvième travaillent en France. Les autres se trouvent en Asie, au Maghreb, à Madagascar, en Roumanie et même, aux Etats-Unis, qui n’est pas particulièrement un pays pauvre. Webhelp prévoit de s’étendre encore davantage. L’entreprise parie sur un développement dans les pays de l’Est et en Asie et vient d’entreprendre récemment des négociations pour mettre la main sur la quatrième entreprise de call-center en Turquie.

Au vu de cette politique extérieure très agressive, on pourrait craindre pour le sort des salariés français. C’est là qu’intervient le french paradox. Les 2 900 employés français du groupe sont plutôt chouchoutés quant à leurs conditions de travail, ainsi qu’on peut s’en rendre compte lorsqu’on visite un des sites français de Webhelp. Ce qui explique que, dans l’entreprise, le turn-over n’est que de 7 % par an. 80 % des gens qui travaillent à Webhelp sont en CDI ! Philanthropie ? Pas tout à fait. Il s’agit aussi et surtout pour le groupe de rentabiliser les investissements réalisés en matière de formation. Car le génie industriel du groupe est là : avoir gardé les services à plus haute valeur ajoutée au sein de l’Hexagone.

Jean Livier anime la rubrique hebdomadaire consacré au business et aux success stories des affaires. Une hebdomadaire qui lui permet de réunir des spécialistes du monde des affaires et d'obtenir le secret de leurs réussites.

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